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18 juillet 2026 · 7 min de lecture

Périmé, encore bon ? DLC ou DDM : la vraie réponse

Tu es debout devant le frigo, le yaourt à la main. La date est dépassée de trois jours. Il a l'air normal. Il sent normal. Et te voilà coincé entre deux voix : « le jeter, c'est du gaspillage » et « le manger, c'est risqué ». Tu tapes « yaourt périmé encore bon » dans Google — et te voici. Bonne nouvelle : la réponse existe, et elle est plus simple que les avis contradictoires des forums. Elle ne dépend ni de ton flair ni de ta tolérance au risque, mais de deux petits mots imprimés sur l'emballage. Toute la question « périmé ou pas » se joue là.

Les deux dates : « à consommer jusqu'au » n'est pas « de préférence avant »

En Suisse comme dans l'Union européenne, les emballages portent l'une de ces deux mentions — et elles ne disent pas du tout la même chose :

« À consommer jusqu'au… » — la DLC (date limite de consommation). C'est une date de sécurité. Elle figure sur les produits fragiles où des bactéries dangereuses peuvent se développer sans changer ni l'odeur ni l'aspect : viande et poisson frais, charcuterie, plats cuisinés, lait cru, poisson fumé. Passé cette date, le fabricant ne garantit plus que le produit est sûr — même s'il a l'air parfait. La DLC dépassée, on ne discute pas : on jette. Ce n'est pas de la précaution excessive : les bactéries qui rendent vraiment malade (listeria, salmonelles) ne se sentent pas et ne se voient pas.

« À consommer de préférence avant… » — la DDM (date de durabilité minimale). C'est une date de qualité. Elle figure sur les produits stables : pâtes, riz, conserves, biscuits, chocolat, café, huile, produits secs en général. Passé cette date, le produit peut perdre en goût, en texture ou en croustillant — mais il ne devient pas dangereux du jour au lendemain. Une DDM dépassée n'est pas un ordre de jeter : si l'emballage est intact et que l'aspect, l'odeur et le goût sont normaux, le produit est souvent encore très correct, parfois des mois après.

C'est toute la réponse à « périmé, encore bon ? » : d'abord regarder quelle mention est imprimée. Le mot « périmé » mélange deux réalités qui n'ont rien à voir — un danger possible d'un côté, un biscuit un peu mou de l'autre. Une énorme partie de la nourriture jetée chaque année l'est à cause de cette confusion : des produits à DDM, parfaitement consommables, partent à la poubelle comme s'ils portaient une DLC.

Le yaourt, alors ? Regarde le pot, pas les forums

Le cas qui t'a probablement amené ici. La réponse honnête : ça dépend de ce qui est écrit sur ton pot. Selon les pays et les fabricants, les yaourts portent tantôt une DLC (« à consommer jusqu'au »), tantôt une DDM (« à consommer de préférence avant ») — les deux existent en rayon.

  • Si ton yaourt porte une DDM et qu'il est resté au frigo, fermé : opercule bombé, moisissure, odeur aigre inhabituelle = poubelle ; sinon, l'aspect et l'odeur normaux sont de bons signes.
  • Si ton yaourt porte une DLC, la règle de sécurité s'applique comme au reste : dépassée, on ne le garde pas — même s'il a l'air bien.

Et dans les deux cas, la règle d'or ci-dessous tranche les hésitations.

Tableau : quelle date, et que faire si elle est dépassée

CatégorieMention habituelleDate dépassée : que faire
Viande et poisson frais, viande hachéeDLC (« à consommer jusqu'au »)Jeter. Risque réel, invisible et inodore.
Plats cuisinés, traiteur, sandwichsDLCJeter. Mêmes bactéries, mêmes règles.
Charcuterie, poisson fumé, lait cru et produits au lait cruDLCJeter. Terrain favori de la listeria.
Yaourts, produits laitiersDLC ou DDM selon le produitRegarder la mention sur l'emballage : DLC → jeter ; DDM → vérifier aspect/odeur.
ŒufsCas particulier (voir plus bas)Bien cuits de préférence quand la date approche ; au moindre doute, jeter.
Pâtes, riz, légumineuses, farineDDM (« de préférence avant »)Souvent OK si emballage intact, sans odeur ni insectes.
ConservesDDMSouvent OK longtemps après — sauf boîte bombée, rouillée ou cabossée : jeter sans goûter.
Biscuits, chocolat, café, épicesDDMSouvent OK ; au pire fade ou ramolli (le blanchiment du chocolat est inoffensif).
SurgelésDDM (repère de qualité)Restés congelés sans interruption : question de goût, pas de sécurité.

Deux précisions qui comptent : ces repères valent pour des produits fermés et conservés correctement (un frigo entre 0 et 5 °C — un frigo trop chaud raccourcit tout). Et un produit entamé ne suit plus la date de l'emballage : le jambon ouvert se joue en jours, quelle que soit la DLC imprimée. Pour les durées précises produit par produit, va voir le guide des durées de conservation au frigo et au congélateur ; pour tout ce qui dort au congélateur, l'article sur le trou noir du congélateur explique pourquoi c'est presque toujours une question de qualité, pas de danger.

Les œufs : le test de flottaison, un repère — pas un laissez-passer

Le fameux test : plonge l'œuf dans un grand verre d'eau. S'il reste couché au fond, il est frais ; s'il se dresse, il vieillit ; s'il flotte franchement, il a pris de l'âge (la poche d'air grossit avec le temps) et il vaut mieux ne pas le garder.

À prendre pour ce que c'est : un indicateur de fraîcheur, pas une garantie de sécurité. Un œuf qui coule n'est pas certifié sans salmonelles — le test ne détecte pas les bactéries, seulement l'âge. Les vrais réflexes : conserver les œufs au frigo, les cuire à cœur quand la date approche ou est dépassée (fini l'œuf à la coque ou la mayonnaise maison avec des œufs en fin de course), et jeter sans regret tout œuf fêlé ou qui sent quoi que ce soit à l'ouverture.

La règle d'or : quand on doute, on jette

Elle peut sembler frustrante dans un article anti-gaspi, mais elle est non négociable : si tu hésites vraiment, tu jettes. Aucun yaourt ne vaut une intoxication alimentaire, et « ça sent bon » n'est une preuve de rien sur les produits à DLC — les bactéries dangereuses sont justement celles qui ne préviennent pas.

Le vrai levier anti-gaspillage n'est pas de manger plus limite. C'est de ne plus jamais arriver à cette situation.

Le vrai problème : tu découvres la date trop tard

Reprends la scène du début. Le dilemme « jeter ou risquer » n'existe que parce que tu découvres la date une fois qu'elle est dépassée. Trois jours plus tôt, il n'y avait pas de dilemme : il y avait un yaourt parfaitement bon et trois jours pour le manger. Le problème n'est pas ta décision devant le frigo — c'est que personne ne t'a prévenu avant.

C'est exactement ce que fait MyFrigo : tu ajoutes tes courses à l'inventaire en quelques secondes (à la voix : « un paquet de jambon au frigo »), avec leur date. Ensuite :

  • L'alerte arrive AVANT la date, quand il est encore temps de manger le produit — pas au moment de l'autopsie olfactive.
  • Les dates estimées sont marquées d'un ≈ : quand tu n'as pas saisi la date exacte, l'app pose un repère prudent et te montre clairement que c'en est un, au lieu de te laisser dans le flou.
  • Une recette est proposée avec ce qui presse, pour que « le jambon expire demain » devienne le dîner de ce soir plutôt qu'un remords de jeudi.

MyFrigo ne tranchera jamais « mange-le / jette-le » à ta place — personne de sérieux ne le fera à distance. Il fait mieux : il rend la question rare.

Sources

Les définitions DLC / DDM et les règles de prudence de cet article suivent les recommandations de l'OSAV (Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, Suisse) et de l'ANSES (France) : la DLC est une limite de sécurité à respecter, la DDM un repère de qualité au-delà duquel un produit correctement conservé peut souvent encore être consommé après vérification de l'emballage, de l'aspect et de l'odeur. En cas de doute, ces agences recommandent de ne pas consommer — position reprise telle quelle ici.

À lire ensuite : combien de temps se conservent les aliments au frigo et au congélateur · congélateur : sortir du trou noir · réduire le gaspillage alimentaire à la maison

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